Je copie cet article d'Agoravox
http://
www.agoravox.fr/actualites/societe/article/scandale-charal-tues-pour-rien-61016
Scandale Charal : Tués pour rien
Les images tournées en caméra cachée par l'association de défense animale L214
dans les abattoirs de l'entreprise Charal ont provoqué un vif émoi sur
internet. Et pour cause, elle sont insupportables, pour quiconque ayant
un minimum de sensibilité.
Dures à regarder, « brutales » selon le représentant de Charal,
on imagine combien elles peuvent être dures à vivre pour les animaux.
Eux, ne peuvent détourner le regard. Nous si, et du reste Charal voudrait bien qu'on regarde ailleurs : ses avocats ont exigé le "retrait d'internet" de ces images embarrassantes.
Les responsables de Charal avaient pourtant fait mine d'assumer ces images, dans une réponse
publiée sur Lepost.fr, tout en regrettant qu'elles sortent de
l'enceinte de leurs abattoirs : cela risquerait d'effrayer les enfants.
L'entreprise, qui promettait il y a quelque temps de « faire
disparaître les végétariens » dans ses spots publicitaires,
craindrait-elle de fusiller sa future clientèle ? De telles images ne
sont pas pour servir sa stratégie de conquête du consommateur, annoncée
explicitement par ses publicitaires en avril 2006 dans l'émission Capital (M6) : « Il
y a deux choses : une crise de la vache folle, toujours inconsciemment
dans les esprits, et la deuxième, une mode nutritionnelle anti-carnée.
C'est vraiment contre ça qu'il fallait agir. » (Gilles Masson - Président M&C Saatchi.Gad). Agir contre une prise de conscience en faveur des animaux, telle est l'inévitable mission d'un lobby qui ne peut exister sans leur infliger des actes de violence.
Aussi l'entreprise tente-t-elle de relativiser : « Dans les fermes, quand on abattait des animaux, ça se passait beaucoup moins bien que ça »
avance son représentant. Certes, il y a toujours pire que ce qu'on
croit être le pire, et sans doute la vision d'horreur sortie des
abattoirs de Charal pourrait-elle
être surpassée par d'autres. Cela justifie-t-il pour autant les
traitements qui leur sont infligés ? Qui aimerait se retrouver à leur
place, lorsque la lame leur tranche la gorge ? Ils ne souffrent pas,
nous assure-t-on (ce que L214
conteste). Quand bien même, serait-ce acceptable ? Qui voudrait être
« tué humainement » ? C'est la question à se poser, quand on sait que
la consommation de leur chair n'est absolument pas nécessaire à une
bonne santé. C'est à présent de notoriété publique, même si quelques
retardataires feignent de l'ignorer.
Au passage, pour qui serait tenté de ressortir le sempiternel « les
animaux n'ont pas de conscience », argument censé justifier qu'on les
tue, rappelons que l'objet du litige entre L214 et Charal est précisément de savoir si les animaux sont encore conscients au moment de la saignée.
Alors ? Quel argument Charal (ou
tout autre viandiste idéologique) va-t-il bien pouvoir avancer
désormais ? Le plaisir ? qui est aussi la motivation du violeur,
insouciant des souffrances de sa victime ? Ou arguera-t-on que « cela
s'est toujours fait » ? L'esclavage aussi existe depuis toujours. On a
fini par l'abolir, s'agissant des humains. Pas celui des animaux.
Chaque jour est pour eux un calvaire, que nous leur faisons endurer
sans même nous en apercevoir. Les abattoirs sont loin de nos assiettes.
Les images de L214 sont à cet égard salutaires, car elles permettent à chacun de mesurer sa responsabilité. Oui, Charal
fait beaucoup de mal aux animaux. Mais il ne le fait pas seul. Et il le
fera tant que chacun lui achètera sa part du massacre. Nous n'avons pas
besoin de viande pour vivre. Mis à part le plaisir que nous tirons de
l'ingestion de leur cadavre, et le profit de ceux qui nous le vendent,
ces pauvres bêtes sont tuées pour rien.
David Chauvet
Membre fondateur de Droits des Animaux